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mtarzaim : Otaku et Geek -_-'Goddess of Victory never smiles to me ... she SLAPS me ! [Poppu - Dai no Daiboken 27] 2009/8/3 Metropolis - Instead of Rock and TimaSong : A ma Place - Alex Bauer & Zazie
Durée : 04:19 Date : 2009-05-27
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768x408 (92 Mo) : http://www.thefrogstudio.net/KillerPen/Vid/Metropolis-InsteadOfRockAndTima-768x408.avi
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Un vrai héros
Tout était prêt donc.Metropolis est un bon exemple de contenant avec du contenu. Magnifiquement réalisé, avec une minutie du détail simplement bluffante, et une bande originale atypique, ce film d'animation n'a pas oublié le scénario, et surtout les personnages qui font vivre l'histoire. Oubliez le protagoniste principal, Ken'ichi, dont l'architype tezukien a mal vieilli (il ne sert quasiment à rien de tout le film, et nous impose sa niaiserie pendant 2 heures). Oubliez le méchant de l'histoire, Duke Red, dont l'obsession d'un monde parfait se téléscope mal avec le deuil de sa fille et ses méthodes de politicard. Non, les vrais stars ici, ce sont le bras droit et le robot. Duo improbable, le lien qui les unit est à mon sens bien plus profond et bien plus tortueux que ce que le film n'en démontre. Rock, fils adoptif de Duke Red, recherche un amour paternel inexistant. Il est l'homme devenu machine, en manque d'amour et de reconnaissance. Tima, robot à l'image d'une morte, recherche un sens à cet amour qu'elle reçoit. Elle est la machine devenue homme, grâce à l'amour et la reconnaissance. Tima possède ce que Rock désire, l'amour de Duke Red. Rock possède ce que Tima désire, le libre arbitre de tout humain. L'un n'aura de cesse de poursuivre l'autre, cherchant à détruire le seul obstacle entre un fils et un père : l'amour pour une fille disparue. L'autre n'aura de cesse de s'interroger, cherchant à détruire le seul obstacle entre la liberté et la servitude : l'amour pour une fille disparue. Emprisonné dans son chagrin, Duke Red ne se rend pas compte des efforts de Rock pour lui plaire, et des efforts de Tima pour s'en défaire. Prenant trop à l'un pour en donner trop à l'autre, il les enferme dans un cercle vicieux, les menant petit à petit vers l'auto destruction. Pourtant, à la fin du film, Rock et Tima auront obtenu, pendant un bref instant, ce qu'il désiraient tant : la reconnaissance pour l'un, la liberté pour l'autre. Un vrai duo Ce clip porte sur l'amour filial. Un amour qui peut enchainer et torturer ses protagonistes aussi surement que l'amour vrai. Il me fallait un musique pour illustrer cet antagonisme entre Rock et Tima. Le film étant trop centré sur Ken'ichi et pas assez sur Duke Red, ni l'un ni l'autre n'ont eu le loisir de s'expliquer entre eux et leur "géniteur". Ni Rock, ni Tima n'ont eu le temps de se dire ce qu'ils avaient sur le coeur, et encore moins de faire comprendre à Duke Red comment ils vivaient cette situation. C'est dans cette optique que je choisis "A ma place" de Axel Bauer et Zazie, chanson pas vraiment réçente, mais au combien éloquente. Quoi de mieux pour représenter un duo improbable entre un humain et une machine qu'un autre duo improbable entre un has-been (désolé pour lui, mais on ne l'entend qu'une fois par décennie) et une tête de gondole de la chanson française (Zazie est quand même le "top" du francophone, avec Goldman et Johnny). Leur échange de paroles colle à merveille avec mon idée de discussion à coeur ouvert entre Rock et Tima. La subtilité étant que la chanson porte sur un amour vrai, alors que je devais illustrer une rivalité dans un amour filial. Pas vraiment une gageure, puisque 99% des paroles s'appliquent sans problème à ma thématique. Le 1% restant pouvait se maquiller sans trop de problème avec un montage astucieux. Un vrai zéro Tout sauf une chose ... moi ! Déjà, je m'y suis mis en retard. J'avais choisi un film, car bien plus rapide à découper qu'une série de 10 000 épisodes. Mais, suite à diverses choses coté vie privée, je me suis retrouvé à la bourre. Ensuite, je me rend compte en cours de montage que mon logiciel digère très mal le HD (j'avais pris la version bluray du film). Me voici donc avec un logiciel qui plante toutes les 30 secondes, et seulement deux semaines pour boucler l'amv. Pas glop du tout. Le résultat est évidemment pas terrible : le montage est simpliste, les effets sont brouillons (ou raté), et le lipsync tombe à plat (essayez de synchro quelque chose en 1fps, vous ... ). Pas étonnant que je me sois fait recalé. ^^ Dommage, mais bon, même si j'aime bien le thème et les personnages, je ne m'y étais pas assez investi. Ce n'est pas une amv majeure, comme peuvent l'être "Always Ulquiorr" ou "Because Harima had to go". Juste un petit tribute à deux héros, que tout opposait et que tout aurait dû rapprocher. Comme d'hab, les lyrics en anglais, version moi : Would she be, instead of me, stronger than man at those many dead-ends where she looses me A living hell, a glorious death Have I, to please him, to go that far Can I really succeed? Can we be forgiven? Can we be loved for what we just are? Does he think of me some times when my wings are scratched and my isles drowned? I bend through the weight under the weight of that half-woman he wants me to be I'm ok to be cute, not to sleep in the woods I'm ok to be queen, not the shadow of king Do I have to need? Do I have to bleed? To be loved by him for what I am truly Could he do something? Could she do for me? To open the door just more Only one small step Could he do a little more, another effort A hand, a step, a step to me... I don't expect from you that you stay the same I don't expect from you that you understand, Only you love me for what I just am. Does she think of me some times? What do I have to do, to be noticed? A living hell, a glorious death Are you turning me into what I want not I'm ready to enforce another face to face but the silence is dead, and yours freezes me My soulmate looks for the issue The more I bleed, the more you get scared Do I have to teach you? I ask for nothing The dark seas where I crawl Where you go, where you're from Do you really need to know All what you're hiding The doubt within me, deep within you I don't expect from you that you stay the same I don't expect from you that you understand, Only you love me... Only you love me... For what I just am. When I doubt... When I fall... When the journey is too long... When often I am no more what you expected from me What could we have done else? What would you have done instead of me? 2009/4/17 Le jeu vidéo est-il un art ?Ce billet est en fait un ensemble de réponses que j'ai posté sur un article de Oniromancie, un site de création de jeux vidéo (principalement RPG). Le sujet porte sur la définition de l'Art et son application au Jeu Vidéo. Pour des raisons de compréhension, j'ai modifié mes textes pour en faire un seul tenant, reprenant les interventions des autres posteurs dans ma prose. Je remercie par ailleurs les autres posteurs. Bien que je ne sois pas forcément d'accord avec leur argumentaire ou leur vision des choses, c'est toujours agréable d'avoir des interlocuteurs qui vont au fond des choses, et qui apportent un éclairage nouveau sur un sujet qui nous passionne. Vous pouvez suivre l'intégralité du débat ici : http://www.rpg-maker.fr/index.php?page=articlesperso&id=343&Oniro_forum=c75d600f60605cc4b0bd0268cf54651c Je le publie sur mon blog, car cela reste intéressant de s'interroger sur ce qui fait l'Art, et comment le Jeu Video peut y prétendre. Et puis, ça change de mes geekeries habituelles. - Understanding games http://www.pixelate.de/games/understanding-games - Eyezmaze http://www.eyezmaze.com
Un grand peintre est capable de faire un magnifique tableau. Il est aussi capable de faire une succession de magnifiques tableaux décrivant une scène dans le temps. Mais sera-t-il capable de les lier entre eux pour les animer, leur donner vie, et mettre l'emphase sur ce qui essentiel pour la compréhension de ce qu'il veut montrer ? Pas sûr ... C'est en fait le point commun à toutes les autres formes d'art, preuve supplémentaire du potentiel artistique du jeu vidéo. Peinture ou film, musique ou livre, chacun de ces arts nous entraine dans son propre univers, que ce soit pour une minute ou une journée, nous faisant oublier notre propre existence.
Un exemple massue pour mon argumentaire plus haut : Super Mario Bros. SMB c'est quoi ? Mais je considère qu'un des critères majeurs pour juger de la qualité d'une œuvre, c'est le travail nécessaire pour en obtenir le résultat. Il existe bien des oeuvres dites interactives, surtout dans l'art mobilier ou d'extérieur, mais ça reste à mes yeux gadget. C'est plus un moyen pour l'auteur d'être qualifié d'artiste en prenant son public à contrepied (Julien Doré inside). Et de toute manière, cela mérite rarement le prix affiché, surtout que l'oeuvre intéractive ne l'est que temporairement, puisqu'il faut bien rangé une fois l'exposition fini. C'est juste un gros jouet, n'apportant pas plus qu'une partie de flipper.
Pour résumer. Le Jeu Video n'est pas un art car : - Il est encore trop jeune. A peine 40 ans, là où l'Histoire de l'Art s'étale sur des millénaires. On remarquera néanmoins que l'art vidéoludique suit la même évolution que la peinture, de la représentation brute de l'art primitif (Pong), à la recherche du photo réalisme (FF13) ou du symbolisme (Ico, Killer7, etc.) - Il est avant tout commercial ou ludique. Bien qu'il soit possible de créer un jeu vidéo pour l'amour de l'art, la première raison d'être d'un jeu vidéo est l'amusement/l'argent. On parle bien d'industrie vidéoludique, à l'opposée d'une industrie de l'Art. - Le Jeu Vidéo s'appuie avant tout sur les autres arts qu'il englobe pour être artistique. Sans graphisme, sans musique, sans mise en scène, sans écriture, le jeu vidéo n'existe plus. MAIS, le Jeu Vidéo peut être un art car : - Il apporte un niveau supplémentaire, l'interactivité, que les autres arts qu'il englobe ne peuvent atteindre. Un film pourra être le meilleur du monde, une peinture la plus parfaite qui soit, une musique la plus enivrante qui existe, aucun ne pourra proposer autant d'interactivité que le plus médiocre des jeux vidéo. - Il apporte une nouvelle manière de découvrir l'univers de l'artiste. Le spectateur devient acteur, influant plus ou moins sur l'histoire du jeu, mais toujours dans les limites fixées par le créateur. Une fois la session de jeu terminée, le joueur aura sa propre mémoire de son expérience du jeu. Tout comme une peinture est une porte ouverte vers l'univers du peintre, comme peut l'être un film ou une musique, le jeu vidéo offre le même voyage vers une autre vie, plus ou moins long, plus ou moins intense, mais propre au joueur/spectateur. Le Jeu vidéo possède donc le même point commun que tous les autres arts (oublier sa propre existence le temps d'un regard), ce qui en fait donc un art lui aussi : l'art de faire entrer autrui dans son monde intérieur. - Il peut être supérieur à la somme des arts qu'il englobe (cf Super Mario Bros), preuve qu'il existe bien un élément propre au Jeu Vidéo qui n'existe pas ailleurs, lui permettant de transcender sa condition de somme d'arts. Plus que l'interactivité, le jeu vidéo offre la vision de son créateur à ceux qui s'y implique. Cette vision génère cette valeur ajoutée, appelée "plaisir" au sens large, indépendante de la qualité des arts sur lesquels le jeu vidéo s'appuie. - Il demande beaucoup de travail pour exister, nécessitant la même somme de créativité et de réflexion que tous les arts qu'il englobe. C'est donc au minimum un travail commun de plusieurs artistes, chacun dans son art. Il y a donc bien une démarche artistique, autant dans la création de chacun des éléments qui le compose que dans l'assemblage de ces éléments pour former un tout homogène. - Il peut être détourné de son usage premier par ses utilisateurs, alors qu'il n'a pas été conçu dans cette optique. Les MMORPG peuvent ainsi tourner des films, Second Life permet la création virtuelle d'objets artistiques libérés des contraintes du monde réel, des éditeurs de niveaux sont utilisés pour créer un genre différent de ce qu'ils étaient censés faire (faire des jeux de plateforme avec RPG Maker). Les utilisateurs se réapproprient leur jeu, pour en faire autre chose, généralement une autre forme d'art, comme ils le feraient avec des musiques à remixer ou des montages de film. 2009/3/15 Alaï & Varax : rouage et poussière[Voici la rencontre fictive entre mon elfe noir et mon chaotique.
L'un comme l'autre recherche des alliés pour atteindre leurs buts.
Mais là où Alaï travaille pour son seul intérêt, Varax a une vision plus large des tenants et des aboutissants.
De quoi remettre les choses en perspective pour l'ambitieux elfique ...]
Une fois de plus, on se détournait de lui.
L'élu du chaos n'avait même daigné lui adresser la parole.
Au moins, on lui avait épargné les sarcasmes des tentatives précédentes (qui ne seront ni oubliés, ni impunis, foi de Druchii).
Mais une fois de plus, le "courant" ne passait pas entre lui et ses interlocuteurs.
Poursuivant sa mission -diplomatique- chez les alliés des elfes noirs, Alaï était maintenant en Terres du Nord.
Toujours décidé à compléter sa force par des capacités inconnues de ses frères, il profitait de ses prérogatives pour sonder les rangs des humains chaotiques.
Trouverait-il un être suffisamment fort pour lui être utile, mais suffisamment faible pour être manipulé ?
Alaï ne doutait pas de cette dernière condition.
Tous ces hommes, mais pouvait-on encore les qualifier ainsi, avaient plus ou moins succombé au Chaos.
Preuve de leur faiblesse d'esprit, ils s'étaient abandonnés aux flux noirs, corps et ames.
Ils n'étaient rien de plus qu'un animal domestique, esclave d'une entité aussi changeante que l'océan, dépossédé de la moindre réflexion personnelle.
Alaï était certain de pouvoir les contrôler à loisir. Après tout, qui pourrait refuser l'alliance avec un puissant elfe noir tel que lui ?
En revanche, l'apparence posait quelques limites aux critères de sélection.
Un gobelin passait encore, au pire il suffisait de respirer par la bouche pour en amoindrir les effluves.
Un chaotique était plus ennuyeux.
Certaines mutations étaient proprement ragoutantes, sans parler de la sauvagerie naturelle de ces sous-êtres.
Dénués de manière, de sens de l'hygiène ou même de goût vestimentaire, certains étaient de véritables repoussoirs, même selon les standards pervers des Druchii.
Pas question de s'afficher, même dans une relation maitre-esclave, avec les fidèles de Nurggle, des nids à mouches au sens premier du terme.
Les adorateurs de Khorne auraient fait de parfaits candidats, sauf que leur individualisme forcené empêche toute alliance acceptable (le genre d'alliances où l'elfe noir ordonne et les autres obéissent).
Les suivants de Slaneesh avaient leurs avantages, et pas qu'au combat. Mais ils s'abandonnent trop à leurs passions charnelles, les rendant peu fiables dans la durée.
Restaient les élus de Tzeench, le Dieu du Changement, paradoxalement les moins instables de tous, et donc les plus à même de lui convenir.
Mais plus qu'ailleurs, les mutations étaient la norme chez le Dieu Corbeau.
Rare étaient ceux qui ressemblaient encore à quelque chose, après quelques temps de service.
Et parmi ces raretés, aucun ne semblait s'intéresser à un envoyé Druchii.
Las de ces refus, Alaï s'assit sur le reste d'un tronc, trop plongé dans ses pensées pour s'occuper des va-et-viens d'un camp de guerre en effervescence.
Au bout d'un temps qu'il ne saurait définir, l'elfe noir se rendit compte que quelqu'un l'observait.
Levant doucement les yeux pour scruter les environs, sans bouger le reste de corps pour ne pas éveiller les soupçons, il remarque alors un maraudeur.
Le visage derrière un casque encore plus impénétrable le sien, Alaï eut toutes les difficultés du monde à savoir ce qu'il voulait.
Le regarde-t-il lui, ou ce qu'il y a derrière lui ?
Est-il en train d'essayer d'établir un contact, ou cherche-t-il à le provoquer ?
Est-il seulement en train de le regarder, ou regarde-t-il bêtement dans sa direction, comme un poulet devant l'horizon ?
Faute de certitude sur ses actions, l'elfe noir entreprend de jauger le maraudeur.
De taille conséquente, musculeux, il ne présente pas de mutation particulière. Même ses vêtements sont de bons goûts, du moins comparés à ses semblables.
Il ferait un allié intéressant, apportant à Alaï la force brutale qui fait naturellement défaut aux elfes.
Barbare dans l'âme, les maraudeurs sont de puissants guerriers, s'adaptant à l'ennemi grâce aux mutations, à la force aussi grande que leur intellect est petit.
En somme, un parfait candidat pour un elfe noir en mal de serviteur.
N'étant pas adepte des statu-quo, Alaï décide enfin de montrer au Maraudeur qu'il l'a remarqué, en regardant celui qui semble le dévisager depuis un moment.
Le maraudeur réagit, marchant alors dans sa direction.
Semblable à un arbre se mouvant lourdement, Alaï se félicite de son jugement : tout en lui respire la puissance physique, de quoi intimider plus d'un ennemi.
Le barbare se plante devant l'envoyé Druchii, son ombre englobant totalement ce dernier, puis s'adresse à lui d'une voix grave et calme.
"Le bruit court qu'un elfe parle beaucoup trop pour un elfe. Que cherches-tu dans nos terres ?"
Au moins, celui-là sait articuler plus de trois mots, pensa Alaï. Un bon point de plus.
"Je suis ici pour m'enquérir de vos avancées. Je ne fais donc que mon travail."
"Alors pourquoi ne pas le faire comme tous tes prédécesseurs : regarder de loin et marmonner tout bas ?"
Aïe, celui-là a de la cervelle. Un mauvais point pour lui.
"Les autres ont leurs méthodes. Moi, j'ai les miennes. Voir ne suffit pas, il faut comprendre."
Alaï se surpris lui-même. Non pas que sa réponse soit un mensonge, tous les Druchii auraient sorti quelque chose de similaire, mais que ce soit en fait la vérité !
Depuis son incursion dans le monde non-civilisé (tout ce qui n'est pas une arche noire donc), Alaï s'était frotté à la diversité.
Beaucoup de choses étaient différentes que ce qu'il avait jusqu'alors cru. Et pour mieux les utiliser, il fallait les comprendre, pas seulement les voir.
Le barbare le sortit de son introspection.
"Sais-tu pourquoi tu es ici ?"
"Pourquoi ? Parce qu'on le l'a ordonné, et que je l'ai accepté.", répondit l'elfe noir, feignant le zèle.
"Non. Tu es là parce qu'IL l'a décidé.", rétorqua le maraudeur, la voix soudain plus sermonneuse.
D'accord.
L'emphase sur le IL ne laisse pas de doute. Ce maraudeur est un illuminé fanatique. Un outil de plus pour le manipuler ... ou pas.
"C'est SA volonté qui t'a amené ici. C'est SA volonté qui m'a amené ici. Et c'est par SA volonté que je me joins à toi."
Cette dernière phrase inquiéta Alaï. Il n'avait jamais parlé d'alliance. Ni à lui, ni aux autres.
"Pourquoi crois-tu que j'accepterai cette alliance, si alliance je cherche.", sonda Alaï.
"Qu'importe tes choix. Tout est SA volonté. S'IL ne veut pas que je me joigne à toi, IL me le fera savoir."
"Par ta mort ? Une façon bien radicale de gérer ses ouailles ...", ironisa l'elfe.
"Ma mort comme ma vie servent SON dessin. Quelque soit mes choix, ou les tiens, IL les a déjà prévu. IL est celui qui nous les a insufflé."
Cette conversation prenait une tournure des plus déplaisantes pour l'elfe noir.
Lui, manipulé par un autre, fusse-t-il divin ?
Il ne sert qu'un seul maitre, lui même. Et malheur à celui ou celle qui tentera de le faire danser, dieu ou pas.
"Les elfes noirs n'existent que par la volonté du Chaos. Vous avez été créés ainsi par SA volonté. Tout comme moi, tu sers SON ambition."
Ce barbare venait de toucher un point sensible. La scission des elfes et la manière de vivre des elfes noirs portaient clairement la marque du Chaos.
Les elfes noirs sont trop occupés à ne pas se laisser manipuler par eux-mêmes, pour prendre en compte les plans des divinités chaotiques.
Mais Alaï était différent. Il était à part. Il avait une grande destinée.
"Ton prechi-precha sonne creu à mes oreilles. Rien ne m'empêche de te tuer séance tenante. Alors pourquoi voudrais-je m'allier à toi ?", répondit sèchement Alaï.
"Parce que tu es comme moi : différent des autres. Tu portes en toi la marque du changement. Petite ou grande, ta destinée est à SON service."
Alaï en resta coit. Cette montagne malodorante pouvait-elle lire ses pensées ?
Il commença alors à considérer son existence sous un angle beaucoup plus large.
"Imaginons ... Imaginons que je sois effectivement la marionnette de ton corbeau. Serait-ce un mal si je devenais le roi de ce monde ?", interrogea le Druchii.
"Non, car ce serait SA volonté. Ton ascension comme ta chute sont déjà prévues. L'ambition qui te dévore est un feu nourri par SA main."
"Et ça ne te dérangerais pas que ce soit moi, et non toi, l'élu de ton Dieu ?", impliqua alors l'elfe noir.
"Non. Car je sers un plan plus grand, de ma naissance à ma mort, et même avant et au delà. Je suis un tout, une raison d'être.
Mon ambition est la SIENNE : vaste comme le ciel.
Mon succès sera le SIEN : éternel comme le soleil.
Tu ne te bats que pour ton intérêt en tête.
A ta mort, tout ce que tu auras accompli sera détruit par les autres.
A ma mort, tout ce que j'aurai accompli continuera d'exister, à travers ceux qui me remplaceront.
J'aurai été utile, rouage essentiel d'une machinerie cosmique.
Tu n'auras servi à rien, poussière dansant dans la brise, se croyant maitresse des vents."
Hé bien ... Après un gobelin roublard, voilà que l'elfe noir tombe sur un sauvage philosophe.
Sa rhétorique est bien rodée. Alaï s'étonne qu'il n'ait pas choisi la voie des cultistes. Il aurait eu beaucoup de succès.
Mais trêve de dissertation, qu'il ait raison ou tord ne change rien au final pour le Druchii.
Alaï sera le roi des rois, que ce soit ou non la volonté d'un corbeau inconstant.
Tant que ce lourdaud est persuadé du bienfondé de cette alliance, Il peut bien se justifier comme il veut.
Alaï n'a pas besoin d'en appeler à un dieu pour affronter le monde. Il est plus fort que ça.
"Point de vue intéressant. Dois-je en conclure que, si je propose une alliance, et quelqu'en soit le résultat pour toi, tu accepteras."
"Oui. Mais je ferai aussi mes conditions. Car mes pensées comme mes actes me sont soufflés par SA volonté."
Un moyen comme un autre pour dire : je ferai ce que je veux, et quand j'en ai envie.
Alaï lance alors au barbare une pierre précieuse.
"Ca nous permettra de nous contacter l'un l'autre. Je compte bien utiliser tes talents à ma guise, contre nos ennemis communs. Cela te convient-il ?"
"Cela me convient, à condition que cela marche dans l'autre sens. Je n'ai qu'un seul maître, et ce n'est pas toi. Nous ne sommes que deux outils, de même valeur."
"Oui, j'avais compris. Je me nomme Alaï Ten'etri. Je te propose une association."
"Je suis Varax Voiecertaine. J'accepte ton association. Puissions-nous apporter le changement partout et en chacun."
Les deux guerriers hochent la tête, puis s'éloignent l'un de l'autre, chacun retournant à ses missions premières.
"Et je compte bien garder ta tête en trophée, pour que tu contemples de toi même l'empire que j'aurai bâti grâce à TON ambition.", termina Alaï en pensée.
"Et je compte bien débarrasser le monde de ses vieilles reliques inutiles, dont ton espèce fait partie, grâce à TON ambition.", termina Varax en pensée.
Ambition contre ambition, le Druchii et l'homme du Nord se battront pourtant cote à cote.
Jusqu'à ce que l'ambition de l'un ... dévore celle de l'autre. Alaï & Razzmott - Trok[Et voici la justification à l'entraide que s'apporteront en jeu mon chasseur de squig et mon garde noir.
Une association de circonstance, pour le meilleur (pour eux) et pour le pire (pour les autres).]
"..." Alaï surplombait la bataille qui faisait rage à quelques lieues de lui.
Il restait plongé dans ses pensées, alors que la guerre entre les orques et les nains s'étalait dans toute sa violence sauvage. Clairement en sous-nombre, les nains tentaient vaillamment de repousser la marée verte qui s'écrasait sur leur forteresse. Malgré une appréciable intelligence, les tactiques des barbus ne parvenaient cependant pas à faire fléchir l'assaillant. Quelque soit le piège, quelque soit l'arme, quelque soit le résultat, les orques continuaient d'avancer, piétinant sans remord les corps tombés juste devant eux. Ils se lançaient rageusement la tête la première, transformant tout leur être en boulet de canon, se heurtant frénétiquement à la défense désespérée des nains. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant que la forteresse naine ne tombe aux mains de ses agresseurs verdâtres. Mais cette victoire totale n'avait rien de glorieuse : Des centaines de peaux-vertes étaient tombés pour chaque nain à terre. Alaï dévisageait les futurs vainqueurs avec dégoût. "... Des animaux ... Non, pire que ça ... Les animaux ont au moins l'instinct de préservation ..." Fort de sa décision d'utiliser les caractéristiques des autres espèces pour servir son ambition, Alaï était parti en direction du continent, en tant que conseillé technique.
En réalité, il devait rendre compte de l'avancée des peaux-vertes, et s'assurer que ceux-ci garderont les nains bien occupés. Sans le renfort des petits hommes, les Impériaux ne pourraient triompher des chaotiques, et les renforts elfiques seraient maintenus dispersés sur deux fronts. Malgré toute la prétendue supériorité de leur armée, les elfes noirs avaient finalement besoin des autres sous-espèces pour vaincre. Cette pensée fit sourire Alaï. "Apparemment, je ne suis pas le seul à envisager le monde autrement ..." Mais il y avait une différence néanmoins. Là où ses supérieurs ne les considéraient que comme une diversion temporaire, Alaï voulaient s'en faire des alliés efficaces. Hélas, le spectacle que lui donnait la Waaagh en marche anéantissait ses projets d'alliance. Tout ceci était bien loin de la synergie naturelle qu'il avait vu en Ulthuan, entre l'humain, le nain et le haut-elfe. Comment pouvait-il arriver à quelque chose de similaire avec de tels sauvages ? "Toi aimer Waaagh ?"
La voix nasillarde et haut-perchée le fit brutalement sortir de ses pensées. On venait de le prendre par surprise, lui ! Il lança un vif regard circulaire, alors que sa main se portait prestement à sa lame, tandis que son autre bras brandissait son bouclier. Il remarqua alors un gobelin qui le regardait "amicalement", si on considère que ce mot puisse s'appliquer à un tel visage. Alaï se détentit, et remerçia sa bonne étoile de ne pas avoir été sur une arche noire. Ses "frères" n'auraient certainement pas manquer l'occasion de se débarrasser d'un rival. "Toi, pas taper ! Moi, gentil ! Moi, vouloir trok !" geigna le gobelin devant la posture menaçante du garde noir.
Les gobelins avaient naturellement peur, surtout des elfes, et donc de tout ce qui y ressemblait. Et rien ne ressemblait plus à un elfe qu'un elfe noir. Alaï en prit note et décida d'exploiter la situation à son avantage. "Du troc ? La seule chose que tu me donneras sera ta langue, et ta vie par la même occasion !" Le garde noir avança, lame sortie, bien décidé à s'amuser un peu, quelque soit la transaction proposée. Quoi qu'il ait à proposer, il suffira de tuer le gobelin pour s'approprier ses biens. Le seul trok sera l'amusement d'Alaï contre la vie de cette pitoyable créature.
Le gobelin commençait à reculer en agitant les bras. "Kool ! Kool ! Toi rien gagner à tuer moi ! Moi gentil !" Alaï n'était pas savant, mais il savait pertinemment que la gentillesse n'existait nullement chez ces créatures. Il continua d'avancer, se délectant de la peur de plus en plus forte de sa victime. "Et qu'aurais-je à gagner à te laisser en vie ? Parle avant que tu ne le puisses plus jamais !" Le gobelin bafouilla des explications, trop nasillardes pour être intelligible, même pour ceux de son espèce.
De toute manière, Alaï ne comptait pas lui prêter l'oreille, juste lui tendre son épée ... en travers de la poitrine.
Soudain, Alaï perçut un mouvement sur sa gauche.
Il pivota par réflexe, et sa lame fit face à la dentition d'un squig, sorti de nulle part. Boule de muscles et de crocs, la ronde créature était connue pour son caractère vindicatif, et servait souvent de familier aux gobelins aguerris.
A peine a-t-il repoussé le vorace de son bouclier qu'une flèche ricocha contre son armure. Le gobelin, visiblement un chasseur de squig, venait de le prendre pour cible. Mais alors que le Druchii se remettrait en garde, maitre et serviteur avaient déjà disparu dans les rochers. Le garde noir réalisa alors qu'il venait d'être piégé. Une main à sa ceinture confirma sa crainte : on venait de lui faire les poches !
Depuis le début, le gobelin cherchait à le soulager de sa bourse, solidement attachée à sa taille. Il avait attiré Alaï près de son squig, embusqué à mi-chemin. Il avait ensuite décoché une flèche avec précision à sa ceinture, pour en faire tomber la bourse. Le squig l'avait gobé dans sa chute, et tous deux s'étaient enfuis chacun de son coté. Un plan astucieux, et parfaitement exécuté qui plus est. Alaï devait le reconnaitre : ce gobelin l'avait eu en beauté. Rien à voir avec ce qu'il avait vu jusqu'alors. Cet énergumène avait du potentiel. Du potentiel ... Ce qui suivit serait resté dans les annales du Vieux Monde, s'il y avait eu un témoin pour en rendre compte.
Le fier Druchii rengaina son épée ... et applaudit ! "Bravo ! Je m'avoue vaincu ! Tu as fait preuve de grande dextérité. Toutes mes félicitations !" Le garde noir porta sa main à la garde de son épée, et en retira un talisman. Il le posa ensuite sur le sol, et recula à bonne distance. "J'aimerai, moi aussi, te proposer un trok. Un vrai, cette fois !" Après un silence qui lui paru une éternité, le gobelin sortit des ombres devant les yeux amusés d'Alaï. "Je me doutais bien, que tu trainais encore ici ..." Le gobelin lança son squig gober le talisman, puis examina sa prise sous tous les angles. "C'est bien un vrai. Et je peux en avoir d'autres." "... Kontre koi ?" Le gobelin avait répondu du tac au tac. A l'opposé du geignard pataud qu'il avait joué. Cela assura davantage Alaï sur la qualité de son interlocuteur. "Contre ... tes services." Le gobelin parut surpris, puis demanda. "Toi gagner koi kom sa ?" Il avait oublié d'être bête, contrairement à ces congénères. "J'y gagne une aide dans cette partie du monde, et des compétences que je n'ai pas." Le gobelin réfléchit, mimique à l'appui, son squig toujours en posture d'attaque envers l'elfe noir. "Toi vouloir Tresors-ki-brillent-bokou, vrai ?"
Alaï manqua de tomber à la renverse. " Tresors-ki-brillent-bokou" ... Un seul type d'artefacts pouvaient correspondre à cette description. "Les trésors perdus des rois nains ..." laissa échapper l'elfe noir. Les plus grands trésors des nains, conçus en partenariat avec les hauts-elfes avant la Guerre de la Barbe, finalement tombés aux mains des peaux-vertes il y a des siècles. De tels artefacts, dont même Malékith n'ose rêver, viennent de lui être proposé par un vulgaire chasseur de squigs. Qui sait ce dont il serait capable une fois ces légendes en sa possession ... Alaï reprit son aplomb, non sans difficulté, et demanda avec tout le calme qu'il lui restait. "Tu .. Tu pourrais me les fournir ... si je te paye assez ?.." Le gobelin dévisagea son interlocuteur. "Moi pas être fada ! Moi savoir koi arriver à moi si moi piker Tresors-ki-brillent-bokou." Évidemment, c'était trop beau ... "Mais moi pouvoir ouvrir portes. Si toi aider moi assez ... Moi pouvoir aider toi assez." Ce nabot lui proposait une association, en bonne et due forme ! "Je suis Alaï Ten'Etri, garde noir de sa Noire Majesté. Je te propose ma fortune, contre tes informations." Le gobelin mesura la proposition, puis imita grossièrement la postule solennelle de l'elfe noir. "Moi Razzmott Petdanlkask, chasseur de squigs. Moi d'akord pour or contre infos. Mais vouloir aussi protektion." "Protection ? C'est à dire ?" "Si moi besoin toi, toi venir pour Waaagh." Alaï réfléchit. Il recherchait un allié qui compléterait sa force. Il avait trouvé un tireur d'élite, maitre d'une boule de muscle et espion à ses heures perdues ... Voilà qui ferait l'affaire. Il voyait déjà les archimages - ET les sorcières - tombant comme des mouches sous des flèches et des crocs sortis des ombres. "D'accord, mais cela doit aussi marcher dans l'autre sens. Si j'ai besoin de toi, tu viendras." "Venir où ? Dans autre pays ?" La question surprit Alaï. Il s'attendait plutôt à une augmentation de salaire de la part d'un être vénal par nature.
"Partout où j'aurais besoin d'un archer. Dans plein d'autres pays donc." Razzmott fut satisfait de la réponse, petite danse à l'appui. "Moi voir monde ! Moi voir jolies choses ! Moi loin des Big'boss !" Apparemment, son nouvel allié aimait les voyages ... et n'aimait pas ses congénères. Encore une étrangeté à mettre sur le compte de la Nature. Alaï lui lança une pierre précieuse, rattrapée au vol par le squig, qui la présenta à son maitre, non sans l'avoir mâchouillée.
"Ceci nous permettra de nous rencontrer. Serre-la fort en pensant à moi, et je devrais pouvoir te répondre." Razzmott regarda la pierre, puis la saisit et la serra en marmonnant dans sa barbe. La pierre du garde noir se mit à briller à son tour, et la garde noir entra en contact télépathique avec le gobelin. Il en lâcha la pierre de surprise, mais la reprit de suite, visiblement ravi de l'expérience. Razzmott la plaça dans sa bouche, au grand dégout d'Alaï, prétextant que ce serait la plus sûre cachette possible. L'elfe noir n'en douta pas. L'haleine du gobelin empestant d'ici, personne n'oserait ne serait-ce qu'y jeter un oeil de plus près.
Et ainsi commença, la plus improbable des associations, chacun croyant duper l'autre ... 2009/3/13 Alaï Ten'Entri - Garde noir Angoisse sur WAR FR[Dernier perso en liste, mon avatar elfe noir est un garde noir, spécialisé en Angoisse (affaiblir les magiciens) !
D'un point de vue gameplay, ce sera la terreur des archimages et autres utilisateurs de magie, car leurs sorts n'auront que peu d'effets sur lui, alors que ses attaques amputeront leurs capacités offensives et défensives. Ce sera aussi intéressant en solo, puisqu'il aura moins à craindre des monstres, étant un pur tank, et donc pourvu d'une grosse défense et bourré de points de vie. Ce sera amusant de le mesurer à d'autres classes, comme le sorcier flambloyant, car capable de contrer leurs sorts à aire d'effet. Enfin, d'un point de vue roleplay, son histoire me permet de camper le personnage et d'expliquer comment un druchii pur souche va se retrouver allié à un chasseur de squigs malicieux et à un maraudeur philosophe.] La sorcière Druchii faisait les cents pas dans une des nombreuses salles de l'une des nombreuses arches noires.
Elle éructait comme cent nains, couvrant d'adjectifs peu flatteurs les subordonnés qui avaient causé le terrible fiasco de son plan pourtant infaillible. Ses congénères la laissaient cracher sa bile, en attendant de pouvoir reprendre le fil de la discussion. Quelques heures plutôt, la sorcière en question avait fait cavalier seule.
Pendant que le gros des troupes attaquaient comme à l'accoutumée la position de leurs cousins blancs, elle avait pris l'initiative de mener ses hommes (et une partie issue des autres contingents) dans une attaque de contournement. Exploitant un dédale de cavernes dont elle avait eu vent, elle comptait prendre à revers le camp retranché, et s'attirer les faveur de leur roi-sorcier par sa victoire éclatante. Hélas, elle avait sur-estimé son sens de l'orientation souterrain, et elle avait finit par éparpiller sa garnison à chaque carrefour.
Un de ces groupes était néanmoins arrivé à la sortie prévue. Mais avant qu'ils ne fassent demi-tour pour passer le mot sur le chemin à suivre, ils avaient chargé deux vermiceaux, un nain et un humain, arrivés là on ne sait comment.
Non seulement ils avaient fait passé leur plaisir avant leur obligation ... Non seulement ils avaient péri lamentablement, malgré leur supériorité quantitative et qualitative ... Mais en plus, cela avait alerté les Haut-Elfes de ce qui se tramait derrière leurs lignes ! La sorcière s'était donc faite cueillir par un contingent ennemi dès son arrivée à la surface. Elle n'avait dû son salut qu'à son intelligence supérieure (en langage druchii : prendre la fuite pendant que ses hommes se font taillés en pièces). Maintenant, elle devait répondre de son échec devant ses pairs, d'où sa diatribe contre toutes les créatures du vieux monde. Lasse de ces gesticulations, la doyenne du groupe interrompit sèchement le spectacle.
"Il suffit ! Tes jérémiades nous importent peu. Tu as voulu une victoire que tu ne méritais pas. Et ton incompétence est apparue aux yeux de tous, y compris à toi-même. Je te renvoie aux détachements d'arrière-garde." Les sorcières de l'assistance sourirent intérieurement. "Une rivale de moins" pensèrent-elles à l'unisson. "Mais ... Mais ... Ce n'est que de la malchance ! Si ces sous-êtres ne s'étaient pas montrés à cet instant précis, jamais ..." "C'était TA responsabilité de prévoir la chance ! Une guerre ne se gagne pas par la volonté ou la force, mais par la préparation ! Et être préparé implique que les autres le soient AUSSI ! Tu as voulu agir seule ? Voilà le résultat : des pertes doublées alors que nous aurions pu les écraser aujourd'hui !" La sorcière se tint coite. Mieux valait qu'elle garde le silence, la doyenne était capable de la liquéfier d'un battement de cils. Ses pairs se raidirent elles aussi. La doyenne avait lancé un avertissement à toutes.
L'armée Druchii était sans conteste la plus puissante, mais elle pêchait sur un point essentiel : l'individualisme exacerbé.
Comment mener une invasion quand vos généraux jusqu'à vos soldats sont plus occupés à se trahir entre eux qu'à occire l'ennemi ? La doyenne avait la responsabilité de ce front, et elle ne voyait que trop bien le désastre annoncé. Une part non négligeable des pertes Druchii avait lieu en dehors des combats. Morts mystérieuses, disparitions suspectes, maladies foudroyantes ... La moindre victoire apportait son lot de traitrises et de coups de poignard dans le dos. Sans compter les sacrifices "obligatoires" à Khaine, le Dieu du sang.
Il fallait maintenir la cohésion, par le seul moyen efficace chez les elfes noirs : la disgrâce, précédant toujours une mort douloureuse. Après un lourd silence, la doyenne leva le conseil, assurée que le message était compris par tout le monde. Tous partirent vaquer à leurs occupations. Une seule ombre resta dans la salle. Alaï Ten'Etri, garde noir de son état, restait plongé dans sa réflexion.
La silhouette, engoncée dans une armure aussi sombre qu'imposante, avait suivi le débat avec intérêt, sans que les sorcières ne s'y intéressent. Parti lui aussi avec l'accusée dans son aventure souterraine, il était resté à l'écart quand son groupe avait décidé de "casser du nabot". Il avait craint que le bruit du combat n'attire des guerriers de l'ombre, et qu'il ne se retrouve avec une flèche en travers des yeux.
Il avait eu en partie raison, puisqu'un archimage, assez médiocre, était entré dans la bataille. Ce trio improvisé n'aurait jamais dû survivre. Mais ils avaient abattu quatre elfes noirs entrainés. Comment était-ce possible ?.. Alaï repassait le combat dans sa mémoire, et arriva à la conclusion suivante : C'était imprévisible.
La mise à mort fulgurante de la sorcière par l'humain, l'esprit retord du nain et la tenacité de l'archimage ...
Il avait été incapable de prévoir qui allait faire quoi, et était finalement resté un témoin distant de la scène. Aurait-il fait mieux que ses compagnons ? Certainement, mais cela n'aurait pas fait grande différence.
Le combat contre le garde noir était une belle illustration de l'énigme. Ce dernier les supplantait sur tous les tableaux : force, technique, équipement, savoir, maîtrise. Tous sauf un : il ignorait comment les combattre. Et toutes ses attaques se brisaient sur leur pugnacité. Quand ce n'était pas l'humain qui faisait sauter son armure avec ses balles, c'était le nain qui lui envoyait une grenade. Alors que le nain l'assommait à coup de clé à molette, l'humain mettait le feu à ses vêtements avec sa torche.
Malgré sa science du combat et son équipement, le garde noir ne trouvait pas de faille, de logique dans leurs attaques. Parfaitement entrainé au style de combat précis et fluide des combattants elfiques, il savait comment interrompre une danse, un chant, un mouvement.
Mais il était désarmé face à l'imprévisibilité du duo. Ils semblaient capables de l'impossible. Aucune garde, aucune position, aucune technique ne marcherait contre eux. Chaque attaque de l'un offrait une multiplicité d'ouverture à l'autre.
Ce duo était plus que complémentaire. Il était exponentiel. Ce dernier mot illumina l'esprit d'Alaï comme jamais. "La voilà, l'autre voie que j'ai tant désirée !" lacha-t-il dans le secret de son casque.
Alaï Ten'Etri était un mâle elfe noir.
Dès sa naissance, sa vie se résumait à deux choix : servir pour mourir bientôt, ou mourir tout de suite. Faisant montre d'une résistance magique peu commune, il avait intégré les gardes noirs, protecteurs du roi-sorcier. Son armure aux reflets de ténèbres, son entrainement intense et sa volonté inflexible lui donnait une endurance à toute épreuve. Il était une machine vivante, inébranlable, inarretable ... et à jamais inacceptable dans un poste élevé. Il serait toujours un sous-fifre, allant au devant de l'ennemi, survivant du mieux qu'il puisse à l'ambition des femelles. Tomber sous les coups de l'ennemi, ou périr avec lui par la magie destructrice de sa supérieure, voilà quelle était sa voie. Il la refusait de toutes ses forces, mais quel choix avait-il ? Sans magie, il n'était rien. Au mieux, il était complémentaire. Alors qu'il fallait être exponentiel. Mais ce combat lui avait offert une autre perspective.
Oui, l'armée Druchii était puissante. Oui, les sorcières étaient les plus fortes. Mais que tout cela valait-il face à la pluralité du monde ? Alaï l'avait vu : les elfes noirs connaissaient bien les elfes blancs, mais ils ignoraient tout des autres. Quelque soit ses alliés chez les Druchiis, Alaï ne pouvait compter sur eux. Ses rivales sauraient les combattre, s'ils ne le trahissaient pas avant. Mais avec des alliés des autres races, quel serait le résultat ? "Oui ... C'est ça ... un peau-verte sera toujours moins traitre qu'un elfe noir ...
Et ces faibles humains, corrompus par le Chaos, seront toujours plus manipulables qu'une sorcière ... Oui ... la voilà ... C'est la voie qu'il me faut ..." Alaï quitta la pièce, toujours plongé dans ses pensées. Il s'imaginait déjà, à la tête d'une armée gigantesque d'orques et de chaotiques, forçant le Roi-Sorcier en personne à lui baiser les pieds, pendant que la planète entière érigeait des statues à sa gloire. Alaï était un elfe noir. Son ambition était dévorante, sans limite.
Il aurait pu être un grand général. Un puissant combattant. Mais il lui manquait une chose, essentielle : la magie. Alors il en avait obtenu une autre, exponentielle : le pragmatisme. |
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